Test :
Film :

Pour l'histoire de
Ran, Kurosawa s'est inspiré de la pièce de Shakespeare,
Le Roi Lear, des guerres civiles du Japon du 16ème siècle et de la légende de Mori, un seigneur de guerre et ses trois enfants. Dans le Japon féodal, un vieux seigneur de guerre désire profiter paisiblement de ses dernières années à vivre. Avant de léguer son pouvoir, il attend les preuves de l'amour que lui portent ses fils. Deux d'entre eux, perfides, lui assurent un amour sans bornes. Le troisième, plus discret, lui témoigne d'un amour simple d'un garçon envers son père. Déçu par cette simplicité, le vieux seigneur de guerre le bannit. Par la suite, privé de son pouvoir, il est successivement rejeté par ses deux premiers fils. Son troisième fils décide de lui venir en aide.
Ran est une grande fresque épique comme on n'en voyait pas à l'époque : des décors et des costumes magnifiques, des scènes de batailles magistralement orchestrées, une panoplie d'acteurs très convaincants dans leur rôle respectif (mention spéciale à Tatsuya Nakadai en vieux seigneur de guerre frappé par la folie) et surtout, une histoire pertinente sur la condition humaine et sa nature. Celle-ci est servie par une mise en scène démesurée surpassant largement
Kagemusha et par une esthétique incomparable ! Akira Kurosawa réécrit brillamment
Le Roi Lear, dans un savant mélange d’Histoire du Japon, d’intrigues shakespeariennes et de thèmes personnels aboutissant au chef d’oeuvre épique.
Image :

A l'occasion de cette sortie Blu Ray, Studio Canal nous propose un master restauré HD 16/9 compatible 4/3 au format 1.85. Grâce à sa restauration, l'image bénéficie de couleurs éclatantes qui restituent parfaitement le goût des Japonais pour les couleurs. Malheureusement, un grain très prononcé s'incruste tout au long du film. Les plans rapprochés ont l'avantage d'offrir une multitude de détails, tandis que la définition se révèle très précise.
Son :

Pas moins de sept pistes sonores nous sont proposées : du DTS HD Master Audio 2.0 en Anglais, Italien, Allemand, Japonais et Espagnol ainsi que deux pistes 5.1 en versions originale et française. Ces deux dernières se contentent du minimum avec un son immersif et proposant une dynamique surtout frontale. Quant aux dialogues, ils sont clairs et compréhensibles.
Bonus :
Côté suppléments, on retrouve en premier lieu « A.K. », un
documentaire (70') sur le tournage du film présenté par son auteur, Chris Marker. Le film s'intéresse au travail du cinéaste, dans la reconstitution du Japon féodal et dans son travail avec ses acteurs, figurants et avec son équipe technique. « Akira Kurosawa : L'épopée et l'intime » dresse, à l'aide nombreuses interviews, un
portrait de Kurosawa (41') et ses méthodes de travail. « Les Samouraïs » est un
documentaire (52') sur l’héritage de l’art Samouraïs au Japon d'aujourd'hui. On y découvre non seulement l'héritage des samouraïs sur la jeunesse japonaise actuelle, mais également une excellente analyse détaillée de leur mode de vie à l'époque. « Akira Kurosawa par Catherine Cadou » est une
interview (15') de Cadou, la fidèle interprète française du cinéaste japonais. Elle revient essentiellement sur l'homme qu'était Kurosawa, son mode de vie et notamment ses relations avec son peuple et la France. La section est clôturée par une
interview (41') de Jean-Christophe Charbonnier, expert de l'art guerrier au Japon, et par une
bande annonce du film.