Dossier : Rome
Introduction
Parmi les meilleures séries de ces dernières années, on retrouve indiscutablement la série Rome produite par la prestigieuse chaîne HBO. Cette série, qui se concentre sur la fin République et l'avènement de l'Empire romain sous les règnes de Jules César et d'Auguste, est atypique en son genre. Là où les autres séries se contentaient de narrer les batailles et les enjeux politiques de chaque faction romaine, Rome explore la vraie Rome. Sa ville, ses habitants et ses quartiers. Dès le générique d'ouverture, on sait que nous aurons affaire à plus qu'une simple reconstitution historique, mais à une fresque réaliste sans tabous, ni préjugés.

Une série réaliste...
L'histoire de la série est basée sur l'histoire vraie de deux légionnaires, Lucius Vorenus et Titus Pullo, des personnages anecdotiques cités dans les commentaires sur la « Guerre des Gaules » par Jules César (cinquième livre : voir chapitre 44). Ces deux héros de la guerre seront mêlés, malgré eux, aux intrigues de Rome et côtoieront les personnages les plus illustres de cette époque : Jules César, Octave, Marc Antoine, Cléopâtre, Brutus, Pompée et bien d'autres.
La première saison retrace les luttes de pouvoir entre Pompée et César pour régner sur Rome. Elle s'achève sur l'assassinat de ce dernier par Brutus en pleine séance au Sénat. Dès lors, la saison deux va s'attacher à suivre les démêlés de Marc-Antoine et Octave pour la succession de César.
Outre cette base historique, les créateurs de la série ont effectué des recherches poussées sur les décors, les costumes et l'architecture de la Rome Antique. Ces éléments importants contribuent au côté réaliste de la série, d'autant plus marqué par le générique d'ouverture qui met en images des graffitis sordides laissés par le peuple sur les murs de la ville. Ce qui montre bien que la production avait pris le parti de recréer la Rome antique le plus fidèlement possible, la Rome du peuple, de la rue avec sa promiscuité et la faim qui touche la population.
... non dénuée de défauts !
Malgré toutes leurs recherches effectuées par la production, on ne peut s'empêcher de repérer quelques erreurs parmi tant d'autres. Ainsi, loin d'être un documentaire, Rome laisse la part belle à la fiction, faisant l'impasse sur de nombreux événements. De plus, Titus Pullo et Lucius Vorenus, même s'ils se sauvèrent la vie à de multiples reprises, étaient de grands rivaux convoitant le grade le plus élevé. Parmi les distorsions relevées ici et là, on notera la présence du papier, qui ne devrait pas apparaître en Europe avant le XIème siècle. Aucun cierge, chandelle ni même lampe à huile n'a jamais brûlé sur les autels des dieux romains. Octavien avait bien une soeur plus âgée, mais d'une autre mère. César souffrait d'une calvitie précoce qu'il s'efforçait de masquer.

Une série qui brise des tabous
La grande particularité de cette série est celle de briser des tabous honnis à la télévision. En effet, Rome ose montrer des images de violences et de sexe explicites. Du jamais vu dans l'histoire de la télévision ! Elle s'est vue censurée en Italie avec des scènes alternatives filmées spécialement pour le public italien et certains dialogues jugés « inconvenants » ont été gommés au doublage. Même situation au Royaume-Uni, où la BBC a fait remonter quelques scènes dans une version plus chaste.
La fin
Malgré d'excellentes audiences et un succès international inattendu, la série ne sera pas renouvelée par la HBO en raison des coûts astronomiques engendrés par la production de la série. Pas moins de cent millions de dollars par saison, un budget conséquent et inédit pour une série - même américaine ! Ainsi, au lieu des cinq saisons initialement prévues, nous n'avons droit qu'à deux - mais magnifiques - saisons.
Fiche de la série
Titre original : Rome
Saisons : 2 - Episodes : 22 - Statut : arrêtée en 2007
Série créée par Bruno Heller et William J. MacDonald en 2005
Producteurs : Todd London, Eleanor Moran
Résumé : Les destins de deux soldats romains et de leurs familles alors que la République Romaine est en train de s'effondrer en laissant peu à peu la place à un Empire.