Carnet de notes pour une orestie africaine
Réalisateur : Pier Paolo Pasolini
Avec Pier Paolo Pasolini, Gato Barbieri, Donald F. Moye,
Pays : Italie, Genre : Documentaire
Durée : 71 minutes, Année de production : 1970
Editeur : Carlotta Films, Version : Française
Date de sortie : 22/04/2009
Synopsis :
Pier Paolo Pasolini débarque dans un pays d'Afrique. Il prend des notes, avec sa caméra, pour préparer son prochain film, une transposition de L'Orestie, la tragédie d'Eschyle, dans l'Afrique d'aujourd'hui. De retour en Italie, il montre ses premières images à un groupe d'étudiants africains de l'université de Rome. Il leur demande leur avis...
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Langues
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Italien
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Sous-titres
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Français
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Suppléments :
- Court-métrage : Notes pour un film sur l'Inde (33'/VOSTF)
- Poétique de l'inachèvement (26')
- 4 entretiens dirigés par la cinémathèque de Bologne (9'/7'/9'/24')
- + Livret exclusif de 52 pages : Recueil de textes critiques sur et par Pasolini
Test :
Film :

Après le désastre de Salò ou les 120 journées de Sodome, Carnet de notes pour une orestie africaine est pour moi une séance de rattrapage pour comprendre la vision de Pasolini. Poète à ses heures perdues, Pasolini nous livre ici une compilation d'idées en vue de son prochain long-métrage qui ne fut finalement jamais réalisé : la transposition de la tragédie d'Eschyle dans l'Afrique contemporaine. Original et sorte de faux making of, le fait que le cinéaste développe ses idées dans son documentaire plutôt que de les écrire sur papier, permet de mieux appréhender le visionnaire, qu'est Pier Paolo Pasolini.
Malgré un début quelque peu déconcertant par le désordre de ses idées, on peut suivre leur évolution qui germe peu à peu dans l'esprit du poète. Pasolini a opté d'opposer des images dépaysantes avec des archives de guerre, de pseudos-futures scènes du film à des instants isolés de création musicale, le tout enrichi par des débats très intéressants, entre lui-même et une vingtaine d'universitaires italiens d'origine Africaine. On peut remarquer sur ce dernier point, que l'opinion de Pasolini reste inflexible malgré les réponses des étudiants.
Si la démarche de Pasolini semble dans un premier temps, ingénieuse, celle-ci est vite effacée au profit de pensées idiélogiques décalées, donnant ainsi une vision faussée de l'Afrique postcoloniale. Le hic est que le regard de Pasolini sur l'Afrique contemporaine ne peut pas se limiter à quelques pensées idéologiques et tombe ainsi dans une impasse intellectuelle comme le prouve son incessant besoin de comparer celles-ci à la tragédie grecque. Et donc, au lieu de retrouver un documentaire sur l'Afrique qui ne nous apprend rien de plus, on se retrouve avec un film qui se concentre surtout sur Pasolini.
Carnet de notes pour une orestie africaine s'adresse à un public très restreint, surtout désireux de découvrir une des facettes de Pier Paolo Pasolini.
Image :

La jaquette du DVD indique la présence d'un nouveau master restauré 4/3 au format 1.37 mais l'image ne semble pas avoir bénéficiée d'une très grande restauration. Le master noir et blanc possède des contrastes agréables mais souffre d'un manque de précision et de piqué.
Son :

Côté audio, le documentaire est proposé en Mono Italien sous-titrés en français. Le son proposé n'est pas extraordinaire puisqu'il souffre d'un manque de dynamisme et de clarté. Ceci à cause d'un son étouffé qui noie l'ambiance dans la voix off de Pasolini.
Bonus :

Niveau suppléments, on retrouve d'abord un court-métrage (33') totalement inédit : "Notes pour un film sur l'Inde" qui reprend un travail similaire de l'orestie africaine de Pasolini. Suivi d'un entretien avec Hervé Joubert-Laurencin (26'), "Poète de l'inachèvement", dans lequel l'auteur de Pasolini, portrait du poète en cinéaste décrypte les deux carnets de notes et la méthode de travail de Pasolini. Tout à fait pertinent, cet entretien permet de mieux comprendre la vision du cinéaste.
Pour terminer, on retrouve quatre entretiens (49') avec différentes personnalités italiennes. Dacia Maraini, écrivaine et amie de Pasolini, revient sur les sorties nocturnes de celui-ci ; Gian Vittorio Baldi, le producteur du film explique les raisons du direct-to-vidéo du métrage ; le musicien de jazz Gato Barbieri et le musicologue Stefano Zenni reviennent sur leur collaboration avec Pasolini, tandis que Massimo Fusillo parle en détail de l'interprétation très libre de la tragédie d'Eschyle par le cinéaste. Passionnant et très instructif.
A cela s'ajoute, un livret exclusif de cinquante-deux pages qui est un recueil de textes critiques sur et par Pasolini.
Test rédigé par Saroumane